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dimanche 6 mars 2022

PEJS: réunion d'information

Dans le cadre de la poursuite du développement du Pôle d’Enseignement des Jeunes Sourds (PEJS) dans notre académie, nous vous convions à une réunion d’information, co-organisée par l'Apedahn et l'Académie de Normandie, afin de présenter la structure actuelle et l'ouverture en Primaire pour la rentrée de septembre 2022.

Cette réunion publique est ouverte à toutes les familles concernées, et aura lieu le:

Samedi 12 mars 2022
de 10h00 à 12h00

en présence de l'Apedahn et de représentants de l'Education Nationale qui pilotent le projet.

L'accessibilité LSF sera assurée par un service d'interprétariat.

Le Pass Sanitaire ne sera pas demandé, mais le port du masque sera obligatoire.

Lieu: groupe poste scolaire de la ville de Grand Quevilly, 80 rue de la République 76120 Le Grand Quevilly (plan ci-dessous).

Ouverture des portes à partir de 9h30.

 

Pour d'autres infos, consulter nos autres billets sur le PEJS.


dimanche 20 juin 2021

Ouverture du PEJS !

 Nous avions présenté le 9 mars 2019 notre combat pour l’extension du Pôle d’Enseignement pour Jeunes Sourds (PEJS) de la maternelle au lycée (voir les articles ici). Nous n’avons pas énormément communiqué là-dessus mais nous avons néanmoins multiplié les rendez-vous et réunions de travail avec l’Education Nationale et plus précisément les Inspecteurs ASH du rectorat de Rouen en charge du dossier. C’est donc avec un grand plaisir que nous vous annonçons qu’après deux années et demie, notre combat est en passe d’être gagné.

En effet, une classe estampillée PEJS ouvrira ses portes dès la prochaine rentrée scolaire en maternelle dans le centre-ville de Rouen (l’école Catherine GRAINDOR, située à proximité du théâtre des Beaux-Arts et de la gare routière).
La plupart de nos revendications ont été prises en compte: la classe sera mixte, avec des enfants sourds et entendants. L’effectif sera limité à 15 élèves avec un triple niveau. L’enseignante assignée à cette classe est une enseignante spécialisée maîtrisant la LSF avec une expérience auprès des enfants sourds.
Il sera possible de conserver une notification SESSAD auprès de la MDPH si vous désirez que votre enfant bénéficie de prises en charge adaptées (orthophonie, psychomotricité, psychologue etc.) même si le curseur sera avant tout placé sur l’enseignement pour maximiser les chances de réussite scolaire.

Certes, pour la rentrée scolaire 2021-2022, notre désir de filière complète de la maternelle au lycée ne sera toujours pas atteint du fait de l’absence du PEJS en élémentaire. Un manque qui sera comblé l’année suivante. Pour la pleine réussite de notre combat, nous avons grandement besoin de vous. Car ce combat est surtout le vôtre, l’existence d’un PEJS dès la maternelle vous offre un choix supplémentaire dans la scolarisation de vos enfants. Il est donc important que vous, en tant que parents, soyez au courant de son existence.

Il est important de rappeler que ce PEJS ne concerne pas uniquement les enfants sourds car les enfants CODA (Child Of Deaf Adult, enfants entendants de parents sourds) peuvent également être concernés. Cela pour qu’ils puissent bénéficier du bain de langage quotidien dans la langue maternelle de leurs parents. Si vous avez besoin de plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter, c’est avec plaisir que nous vous répondrons !
Enfin, nous souhaitons souligner et remercier l’investissement de l’éducation nationale dans ce projet de développement du PEJS.

mardi 22 décembre 2020

Projet PEJS: bilan au 15/11

Projet PEJS: bilan au 15/11 des rencontres avec les autorités locale du Ministère de l'Education Nationale

L’histoire commence en 2018. Un groupe de parents échange autour de la circulaire du 03 février 2017 « Mise en œuvre du parcours de formation du jeune sourd ». Nous apprenons l’existence de cette circulaire fortuitement et décidons de nous pencher dessus.

Au même moment , nous apprenons que nos voisins du Calvados intentent une action en justice pour l’ouverture d’un PEJS dès la maternelle. Nous suivrons l’affaire de près. Nous nous réunissons à plusieurs reprises et décidons de rédiger un courrier pour exprimer nos revendications dans l’intérêt de nos enfants.

Nous présenterons ce courrier, presque finalisé, lors d’une réunion à destination des familles d’enfants sourds et professionnels du monde de la surdité souhaitant assister à cette réunion le samedi 09 mars 2019.

Suite à cette réunion, nous peaufinerons la lettre et adresserons le résultat final le 10 avril 2019, à la fois aux autorités locales mais aussi aux nationales (voir ici ce courrier).

Fin avril 2019, M. Maire, conseiller technique de la rectrice nous contacte pour nous dire que notre lettre a retenu toute l’attention de la rectrice et la sienne (M. Roland, recteur, avait été remplacé par Mme Gavini-Chevet le 1er avril).

Première rencontre avec l’éducation nationale : 27 juin 2019

 Nous rencontrons pour la première fois M. Maire.

Il nous exprime la volonté de l’éducation nationale de se rapprocher des textes pour répondre aux besoins des familles, de reconstruire la confiance avec les parents.

Il nous fait part que l’Inspecteur de l’Education Nationale ASH s’est rapproché de la directrice du Centre Beethoven. Dans quel but? Il nous est répondu qu’il ne s’agit pas d’une délégation. Le centre Beethoven sera utilisé comme ressource et force de propositions.

Nous évoquons la formation à la Langue des Signes Française des professionnels (AESH, enseignants, …)

M. Maire nous fait part d’un projet de proposition de formation à la LSF en partenariat avec l’Université de Rouen destiné aux AESH et qui pourrait être ouvert aux professeurs.

L’objectif étant de tendre vers la qualité: niveau B2, 100h de linguistique et de pédagogie.

Il nous fait part des contraintes des DASEN : les postes d’enseignants sont à moyens constants, chaque DASEN à une dotation.

Deuxième rencontre avec l’éducation nationale : 8 octobre 2019

M. Maire nous reçoit avec Mme Nedellec, IEN ASH de la Seine-Maritime. M. Henon, IEN ASH de l’Eure est absent/excusé.

En premier lieu, il nous est exprimé la volonté du rectorat de faire monter en compétence l’existant, au niveau du collège et du lycée. La formation à l’université commencera en octobre 2019.

On nous fait par d’une évolution progressive du CRA Beethoven ( ?) le projet serait de tendre vers des classes ordinaires avec appui du SESSAD.

Nous butons sur la définition de l’acronyme PEJS. Pour nous, parents, il s’agit d’un Pôle d’Enseignement pour les Jeunes Sourds. Pour l’éducation nationale, il s’agit d’un Parcours d’Éducation du Jeune Sourd. Cette distinction est très importante car nous souhaitons un regroupement de nos enfants dans les mêmes écoles en fonction de leur niveau scolaire. Dans la définition de l’Education Nationale, la notion de regroupement n’existe pas.

Nous alertons sur la question des transports, qui est une réelle inquiétude des parents : distance trop longue, temps de route fatigant. L’organisation actuelle concernant le dispositif Beethoven est complexe puisque les enfants vont d’abord au CRA pour être ensuite accompagnés dans leurs écoles respectives en fonction de leur niveau scolaire (4 écoles différentes sur 3 communes différentes).

Nous demandons que le Centre François Truffaut de l’IDEFHI soit convié aux échanges. Nous apprendrons plus tard le projet, qui était déjà en cours, de fermeture du centre et d’un transfert des enfants et des professionnels vers le dispositif Beethoven.

Il nous parle du projet de l’école inclusive qui devrait être une « révolution ».

M. Maire nous fait part que le rectorat sera porteur du projet PEJS avec les moyens existants, les prérogatives ministérielles, les municipalités …

A cette époque, il nous est dit que les enseignants doivent décliner leurs compétences aux IEN du 27 et du 76, que les expertises seraient gardées et que les enseignants « ordinaires » devront se former.

Troisième rencontre: 3 décembre 2019

Organisée par l’éducation nationale dans les locaux du dispositif Beethoven. M. Maire et Mme Nedellec animaient la réunion en présence de Mme Gouard, directrice du dispositif Beethoven et Mme Obstoy, directrice médicale de Beethoven.

Les parents n'ont été conviés que 3 jours avant. Peu de familles d’enfants sourds étaient présentes.

Cette réunion a eu pour effet de démotiver les familles au vu ce qui a pu être présenté: un PEJS dans l’expectative, laissant croire aux familles que l’enseignement dispensé à leurs enfants sourds serait moins valorisé.

Quatrième rencontre: 23 juillet 2020

L’objet était de faire un point d’étape sur la mise en place du PEJS à partir de la maternelle.

Nos questions étaient:

  • Quelles avancées dans le développement du PEJS depuis notre dernière rencontre?
  • Des moyens vont-ils être mis en place dès la rentrée de septembre 2020?
  • La directrice du centre Beethoven est partie, qui va prendre le relai? Qui va être l’interface entre l’Éducation National et le centre Beethoven?
  • La zone géographique du PEJS est -elle établie?
  • Les effectifs des enfants par classe ont-ils été définis?

Concernant la zone géographique, il nous est répondu que la gestion unique de l’Académie Normandie n’interviendra pas avant 2022. Il existe encore deux périmètres.

Concernant la rentrée de septembre 2020, on nous avance le déploiement d’un PEJS en maternelle avec un enseignement spécialisé, en seine maritime.

Pour l’Eure, on nous fait part du dispositif ULISS Coloré qui accueille de plus en plus d’enfants sourds. Une enseignante signante devait être affectée à ce dispositif.

Nous partons ensuite dans une logorrhée de chiffres et de pourcentages pour l’ensemble du territoire normand.

Cinquième rencontre: 14 octobre 2020

Cette rencontre a lieu en présence des Inspecteurs de l'Éducation Nationale, ASH, et du Président de la Coordination Handicap Normandie.

Notre détermination: faire avancer le projet. Nos enfants ont besoin de soins adaptés à leur handicap sensoriel mais ont également besoin de recevoir un enseignement spécialisé optimal qui passe par un parcours éducatif bilingue français / langue des signes.

Grâce à notre sondage, nous avons pu mettre en avant les souhaits des parents . Mettre en avant que l'ouverture d'un PEJS à partir de la maternelle et en primaire est vivement attendue. 

L'éducation nationale semble  souhaiter que le projet se concrétise. Nous nous donnons comme objectif l'ouverture d'un PEJS en maternelle à la rentrée 2021. 

La prochaine rencontre aura lieu le 16 décembre (compte rendu-publié ici sous peu).

(Pour avoir tous nos billets sur le PEJS, voir ce lien)

 



jeudi 4 juillet 2019

Projet de PEJS: compte rendu d'un premier RDV

Suite à notre letttre ouverte demandant la création d'un PEJS complet (enseignement primaire & secondaire, voir http://apedahn.blogspot.com/2019/04/lettre-ouverte-pour-un-pejs-de-la.html ), nous avons obtenu un RDV ce jeudi 27 juin au  rectorat avec M. Maire, Inspecteur ASH (Adaptation scolaire et Scolarisation des élèves Handicapés) et conseiller technique auprès de la rectrice.

Ce RDV était une simple prise de contact, et M. Maire s'est montré très à l'écoute, les échanges ont été intéressants.

Il nous a décrit sa mission, qui s'étend sur les 5 départements normands et nous a fait part du contexte de cette rentrée (nouvelle rectrice, arrivée début avril, et nouvelle circulaire ministérielle de rentrée sur le primaire).

Il nous a informé que la nouvelle rectrice se montre très attentive à la question du handicap, ce qui lui semble être un signe très positif.

Le projet de mise en place du PEJS est porté par M. Reed, Inspecteur Pédagogique Regional (IPR) d'anglais, et il nous renvoie aussi sur les inspecteurs ASH des deux départements 76 et 27.
Il a insisté sur la question de la perennisation des ressources humaines affectées précedemment au dispositif PASS, et son attachement à la question de la formation: il nous a indiqué travailler en ce moment à la mise en place d'une convention de formation, qui pourrait se faire en partenariat avec l'Université de Rouen, l'idée étant de former les personnels au niveau "B2".

Il a expliqué qu'il est nécessaire d'"acculturer" les différents services du rectorat et de l'inspection académiques afin de faire comprendre la nécessité de moyens humains associés. Il a précisé que le texte cadre du PEJS ne s'accompagne d'aucun moyen spécifique en ressources humaines au niveau ministériel, et qu'ils doivent être pris dans la dotation académique.

Mais il a aussi indiqué sa volonté de mutualiser ces ressources humaines, en prévoyant que les personnes formées et compétentes puissent être affectées en fonction des besoins.
Nous lui avons rappellé qu'actuellement, les services académiques appliquent de façon stricte le principe de non-spécialisation des contrats type AVS, qui interviennent auprès de nos enfants, et les incohérences qui en découlent.

Nous avons évidemment soulevé la question du lieu: le texte sur le PEJS prévoit en effet que le dispositif soit centré sur un lieu géographique, afin d'éviter justement les problématiques d'isolement que nous avions soulevées dans notre lettre.
Mais M. Maire ne semble pas disposer de solution pré-établie sur cette question.
Il indique néanmoins que la mise en place du PEJS se fera obligatoirement  de façon progressive, et qu'il faudra évidemment un compromis en attendant.

Nous avons  demandé qu'un calendrier puisse être établi, avec des jalons sur des dates, afin de pouvoir avoir un suivi de l'avancement du projet. Ceci dans la perspective d'une mise en place pour la rentrée de sept. 2020, qui implique aussi pour les familles une certaine anticipation.

Nous avons aussi demandé que, en tant que association de familles, nous puissions avoir une communication privilégiée de la part des services, plutôt que d'être mis devant le fait accompli une fois les décisions prises.


Nous vous tiendrons informés ici des suites et des prochains RDV sur ce dossier. Si vous vous sentez concernés par ce projet, n'hesitez pas à vous abonner à notre newsletter!

lundi 15 avril 2019

Lettre ouverte: Pour un PEJS de la maternelle au lycée dans l’agglomération rouennaise

Suite à la réunion du 9 mars, nous avons collectivement rédigé la lettre ouverte au sujet de notre demande de création d 'un PEJS complet. Ce courrier, que nous publions ici, a été adressé par la poste le 10 avril 2019 à M. le Ministre de l'Education nationale, mais aussi aux responsables des collectivités territoriales ainsi qu'au recteur de l'académie de Rouen et aux principaux inspecteurs concernés.

Le texte complet est ci-dessous, ou en pdf ici.
Nous vous tiendrons informé ici de la suite qui a été donnée à ce courrier.


APEDAHN
43, quai du Havre
76000 Rouen
email : apedahn@free.fr


Rouen, le 10 avril 2019

Objet : Lettre ouverte : Développement du Pôle d’Enseignement pour Jeunes Sourds (PEJS) dans l’Académie de Rouen de la maternelle au lycée.

Destinataires :

Monsieur Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Éducation Nationale,
Madame Isabelle BRYON, Déléguée Ministérielle à l’inclusion scolaire,
Madame Sophie CLUZEL, Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées,
Madame Céline POULET, Secrétaire générale du Comité Interministériel du Handicap,
Madame Dominique GILLOT, Présidente du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées,
Monsieur Denis ROLLAND, Recteur de l’Académie de Rouen,
M. Lawrence REED, Inspecteur responsable du PEJS,
M. Jean François BUTEL, Inspecteur ASH,
Mme Giliane RONDEAU, Inspectrice ASH,
M. Laurent MAIRE, Inspecteur ASH,
M. Gilles BEAUFILS, Inspecteur ASH.

Copies :

M. Sébastien LECORNU, Ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé des collectivités territoriales,
M. Fréderic SANCHEZ, Président de la Métropole de Rouen,
M. Pascal MARTIN, Président du conseil départemental de la Seine Maritime,
M. Pascal LEHONGRE, Président du conseil départemental de l’Eure,
Madame Clothilde HARITCHABALET, Directrice de l’E.P.A. Helen Keller,
Monsieur Yves HEULIN, Président de l’association La Ronce,
Monsieur Eric RECTENWALD, Directeur général de l’association La Ronce,
Monsieur Wilfrid DELOZIER, Directeur du C.R.A. Joachim Du Bellay,
Monsieur Eric GOUNEL, Directeur général de l’I.D.E.F.H.I.,
Madame Ève MELIN, Directrice du Centre François Truffaut,
Monsieur Didier DETALMINIL, Président des PEP 76,
Monsieur Jean Marc RIMBERT, Directeur général des PEP 76,
Madame Séverine GOUARD, Directrice du Centre Beethoven.
Monsieur Michel MIKLARZ, Président de la Coordination Handicap Normandie



Mesdames, Messieurs,

Nous vous faisons part de notre désir en tant que parents d’enfants sourds et malentendants de voir se développer le Pôle d’Enseignement pour Jeunes Sourds (PEJS) de la région rouennaise. Il existe déjà deux établissements labellisés PEJS dans la région en question : le collège Jean Lecanuet et le lycée Marcel Sembat.
Deux établissements qui existaient déjà du temps du Pôle pour l’Accompagnement à la Scolarisation des jeunes Sourds (PASS). Si nous nous réjouissons forcément de leur existence, nous estimons que cela n’est pas suffisant et déplorons que les enfants sourds âgés de 3 à 11 ans ne soient pas concernés par le PEJS.

Comment peut-on estimer favoriser efficacement l’instruction scolaire des enfants sourds lorsque le dispositif PEJS n’intervient que dans la deuxième moitié de leur cursus scolaire ? Pourquoi tant d’années de perdues en amont de l’entrée au collège, moment où le triste constat est fait que les enfants sourds et malentendants ont accumulé du retard : un retard qui les handicapera pour la suite de leur scolarité et qui leur fermera inévitablement de nombreuses portes à l’âge adulte.


Certes, il existe des structures où sont pris en charge nos enfants au sein des services tels que le Centre Beethoven de Rouen (CAMSP, CRA, SESSAD), l’EPAHK du Havre (CAMSP, SSEFIS, CROP), l’association La Ronce d’Évreux (CRA) ou encore l’IDEFHI de Canteleu (Centre François Truffaut). Mais cela reste des établissements et services médico-sociaux (ESMS) qui n’ont pas pour vocation première l’enseignement, malgré la présence d’enseignants spécialisés, mais l’accueil et l’accompagnement des enfants en situation de handicap.

Par conséquent, l’instruction scolaire de nos enfants n’y est donc pas la priorité. Il suffit simplement de constater qu’en comptabilisant le temps monopolisé par les différentes prises en charge dont bénéficient nos enfants (sans oublier les possibles transports entre les lieux de prises en charge - qui ne sont pas forcément proposés dans l’établissement même - et la classe), nous sommes loin, très loin des 24 heures d’enseignement par semaine. Dans le cas où un enfant ne bénéficierait « que » de 18 heures par semaine d’enseignement pur, cela ferait 216 heures de perdues sur toute une année scolaire. Un « sacré trou » annuel qui peut se transformer en gouffre béant sur toute une scolarité ! En somme, cela revient à ajouter un handicap à nos enfants qui en ont déjà un !

Un constat partagé par certains enseignants spécialisés de l’Éducation Nationale pour qui cette organisation propre aux ESMS engendre inévitablement des perturbations dans la gestion de la classe : interruption de séances, décalage entre les élèves dans les apprentissages, temps de réinstallation dans la classe. Dans ces conditions, les temps impartis à l'enseignement de chaque discipline doivent être aménagés et par conséquent l'ensemble des programmes de l’éducation nationale ne peut être suivi par les enseignants. Nous souhaitons que les prises en charge soient assimilées aux Activités Pédagogiques Complémentaires (APC) donc proposées en supplément aux 24 heures d’enseignement obligatoires soit sur la pause méridienne ou en substitution de certaines matières comme le sport ou l’anglais. Cela pour que nos enfants puissent bénéficier d’un apprentissage complet comme tous les autres enfants avec 24 heures d’enseignement hebdomadaire afin qu’ils puissent apprendre et communiquer dans leur langue principale et bénéficier d’une scolarisation complète de la maternelle jusqu’au lycée (au minimum).

La prise en charge médico-sociale (orthophonie, psychomotricité, suivi psychologique etc.) est certes nécessaire mais elle ne doit pas se faire au détriment de l’enseignement et laisser se créer un fossé entre ce qu’ils apprennent actuellement en maternelle et primaire sans dispositif PEJS, et ce que tout élève devrait pouvoir maîtriser en terme de connaissances et de compétences à l’entrée au collège.

Or nous avons constaté à travers nos situations personnelles que ça n’est pas toujours le cas : faute de moyens, certains de nos enfants en maternelle n’ont pas pu être accueilli au CRA et ont été obligés de suivre une année en inclusion, sans accompagnement spécifique, totalement isolés. Ces situations sont inacceptables.

La circulaire n°2017-011 du 3-2-2017 au paragraphe 3.1 « La scolarisation individuelle en classe ordinaire, sans l'appui d'un dispositif collectif » : souligne par ailleurs l’incohérence de cette situation : « Il est utile de signaler que pour les élèves signants, une scolarité individuelle, sans pair avec qui échanger en LSF, peut constituer un facteur d'isolement et d'appauvrissement de la langue. »

En tant que parents d’enfants sourds et malentendants, nous sommes bien trop souvent confrontés à l’argument selon lequel l’école maternelle est une période facile, que leur déficit de langage ne sera pas handicapant pour l’apprentissage de la socialisation en milieu ordinaire. Malheureusement, nous constatons régulièrement les difficultés de nos enfants qui ont du mal à se sociabiliser en l’absence de pairs sourds. Leurs années de maternelle en compagnie d’élèves entendants et de professionnels non sensibilisés à la surdité se font parfois dans la douleur.

Comme le démontre le programme de l’Éducation Nationale, le langage est le premier des cinq domaines d’apprentissage à l’école maternelle (« La place primordiale du langage à l’école maternelle est réaffirmée comme condition essentielle de la réussite de toutes et de tous. La stimulation et la structuration du langage oral d’une part, l’entrée progressive dans la culture de l’écrit d’autre part, constituent des priorités de l’école maternelle et concernent l’ensemble des domaines d’apprentissage. »). Comment développer l’apprentissage si le langage est absent alors que c’est censé être l’une des priorités ? C’est pour cela que nous souhaitons que le PEJS soit mis en place dès la maternelle.

Le parcours de scolarisation des enfants sourds et malentendants doit être clair et limpide avec un accompagnement qui dure tout le long du cursus scolaire au sein d’un pôle qui coordonne les enseignements et les accompagnements, évalués et adaptés en fonction des projets personnalisés et individualisés de chaque enfant. Permettre à nos enfants, à la fois de se rencontrer entre pairs, mais aussi de s’insérer dans le monde entendant, de voguer d’un monde à l’autre, d’une culture à l’autre sans leur demander de choisir : choisir d’appartenir à la communauté sourde ou entendante, choisir de signer ou d’oraliser. Quel enfant est capable de choisir qui il voudra être « quand il sera grand » à trois ans ?

C’est pour cette raison que nous souhaitons pour nos enfants et les enfants à venir une véritable filière bilingue LSF/français écrit mais aussi langue française orale avec appui de la LfPC pour « rendre effectif le libre choix de communication » (point 3.4 de la circulaire) et permettre aux enfants sourds de pouvoir rencontrer leurs pairs qui seraient situés dans le même établissement. Ce qui n’est pas le cas dans la région rouennaise : les enfants accompagnés par le SESSAD sont inscrits dans l’établissement scolaire de quartier et ceux accueillis par le CRA sont dispatchés dans plusieurs écoles différentes et parfois même isolés dans ces écoles.

Les retours que nous avons des professionnels ou des parents d’enfants scolarisés au collège Jean Lecanuet ou au Lycée Marcel Sembat sont particulièrement inquiétants et même troublants. Il est question de très grandes difficultés scolaires pour les enfants provenant du Centre de Rééducation Auditive (CRA). Soit le niveau de français écrit requis n’est pas suffisant, soit le niveau de LSF est insuffisant, si ce n’est les deux en même temps. Rappelons qu’il est inscrit sur le point 3.4 de la circulaire : « L'école primaire doit permettre aux élèves signants d'avoir à la fin de la classe de CM2, un niveau de maîtrise suffisant de la langue des signes française et du français écrit afin de pouvoir poursuivre au mieux les apprentissages dans le cadre d'un parcours linguistique choisi au collège puis au lycée. »

Si les établissements et services médico-sociaux ne sont pas aptes ou n’ont pas les moyens suffisants pour remplir cette tâche d’amener nos enfants à avoir un niveau scolaire satisfaisant à l’amorce du second degré, nous estimons que c’est le rôle de l’Éducation Nationale « de permettre un accès optimal aux savoirs mais surtout de lui garantir un parcours d'insertion sociale et professionnelle » (préambule de la circulaire).

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ainsi qu'un décret d’application relatif à l’éducation et au parcours scolaire des jeunes sourds paru en mai 2006 rappellent la liberté de choix des parents dans le mode de communication pour leur enfant. Or, à ce jour, aucune structure n'existe dans notre région pour proposer un parcours bilingue aux enfants d'âge maternel et élémentaire dont les familles auront effectivement fait ce choix.

Depuis la loi susmentionnée, un effort national a été fait pour faciliter l’inclusion de nos enfants en milieu ordinaire. Sauf que la circulaire n°2017-011 du 3-2-2017 rappelle bien que cela peut être un « facteur d’isolement et d’appauvrissement de la langue ». C’est pourquoi nous ne souhaitons pas parler d’inclusion mais de mixité en faisant en sorte que les enfants entendants puissent communiquer avec leurs camarades sourds et inversement. Cela en proposant des cours de Langue des Signes Française à tous les enfants en tant que langue secondaire.


Nos revendications en bref :

  1. L’extension du Pôle d’Enseignement pour Jeunes Sourds (PEJS) à la maternelle et à l’élémentaire, avec deux filières complète, une en Langue des Signes Française (LSF) / français écrit et une en langue française orale avec l’appui de la Langue française Parlée Complétée (LfPC)
  2. Un regroupement des enfants sourds dont les familles le souhaitent dans un établissement unique de la maternelle au CM2
  3. Une instruction scolaire mise au premier plan pour la réussite de nos enfants
  4. Que tous les enfants sourds intégrant le parcours bilingue LSF/français écrit bénéficient d’un enseignement de LSF effectué par une personne qualifiée, et que les autres enfants bénéficient d’une initiation à la LSF.
  5. Une véritable mixité où enfants sourds et enfants entendants pourraient suivre la même scolarité en harmonie, et offrir la possibilité aux enfants entendants de parents sourds d’intégrer le PEJS.
  6. Avoir des classes contingentées, accueillant pour moitié des enfants sourds et des enfants entendants, avec un effectif maximal de 15 (sur le modèle des CP/CE1 dédoublées).
  7. Que tous les professionnels travaillant au sein du PEJS maîtrisent la Langue des Signes Française et /ou le code LPC, ou que des formations adéquates leur soient proposées dès le début de l’année, avec un financement associé, et qu’une fois formées, ces personnes voient leur poste au PEJS pérennisé.
  8. Que toutes les classes soient équipées de boucles magnétiques et autres aides techniques existantes.
  9. Que nous soyons associés dans les étapes de cadrage du déploiement de ce futur PEJS.


Nous aimons à croire que vous entendrez nos revendications et saurez faire évoluer les mentalités en ouvrant les regards sur la surdité et sa culture. Nous espérons vivement que l’académie rouennaise rejoigne les académies pionnières telles que Lyon, Poitiers ou Toulouse qui sont les seules dans toute la France à proposer un parcours bilingue LSF / français de la maternelle au lycée. Nous avons pu faire le constat que dans les trois académies en question le parcours scolaire des enfants sourds est couronné de succès avec notamment un taux de réussite au baccalauréat proche de la moyenne nationale.

Nous souhaitons que nos enfants puissent bénéficier de ce même couronnement au sein de notre académie. Pour cela il faut qu’ils puissent profiter d’un parcours adapté et cohérent tout au long de leur scolarité, chose à laquelle ils n’ont pas accès à l’heure actuelle dans la région rouennaise. Que l’académie de Rouen devienne la première académie à proposer un vrai choix entre filière en LSF et filière en français oral avec LfPC.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous porterez à nos revendications, et vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos sentiments les meilleurs.


APEDAHN - Association de Parents d’Enfants Déficients Auditifs de Haute Normandie
43, quai du Havre - 76000 Rouen
















vendredi 15 mars 2019

Comte rendu de la réunion/débat du 9 mars

La réunion/débat que nous avons organisée samedi dernier (voir ici) a rencontré un franc succès: de 40 à 50 participants, sont venus échanger. Il y a longtemps que nous n’avions pas eu autant de participants, parents, sourds et professionnels , avec un bel horizon des solutions dans l’ex Haute Normandie, certaines personnes venant de l'Eure et même du Havre.

Après un mot de bienvenue du président, Sebastien Kramm, Cécile Sellier, membre de l'APEDAHN, a présenté l'objet de la réunion, à savoir faire un état des lieux de la situation de la prise en charge scolaire des enfants sourds dans la région, et discuter de la mise en place d'un PEJS au niveau local (voir ici pour le texte réglementaire).

Sa présentation a rappelé qu'il n'y a que deux PEJS "complets" pour l'instant en France, à Lyon et à Toulouse. Elle a présenté une synthèse des points clés du texte.

De nombreux témoignages de parents mais aussi de professionnels, dont les coordinatrices du PEJS collège (Lecanuet) et du PEJS lycée (Marcel Sembat) sont venux ensuite montrer la réalité du besoin: la situation n'est clairement pas satisfaisante, de nombreuses familles ont relaté des difficultés dans la prise en charge et la scolarisation de leur enfant, pénalisant leur scolarité future.

Les coordinatrices du PEJS collège  et lycée nous ont expliqué le fonctionnement des PEJS de chaque établissement. Malgré leur évidente bone volonté, des difficultés apparaissent à chaque rentrée:
  • les heures d'interpretariat, nécessaires sont à négocier à chaque rentrée (18h cette année, ce qui est trop peu);
  • la formation des AESH en LSF est faite sur leur temps libre;
  • la formation du personnel en LSF sur leur temps libre et à leur frais, sachant que la maitrise de la LSF requiert un réel investissement sur plusieurs années;
  • enfin, les postes d'AESH formés au public sourd ne sont pas pérennisés.

Ces coordinatrices font chaque année une sensibilisation au lycée Marcel Sembat pour les professeurs et les AESH volontaires de l'académie, qui a pour objectif d'expliquer les aménagements et la spécificité du public sourd. Un après midi est consacré à l'initiation à la LSF.

Mme Blondel, enseignante spécialisée, nous a aussi relaté les difficultés rencontrées lors de la création du PASS il y a quelques années : la classe (de type ULIS) a finalement fermé par absence de candidats.

Mme Ozouf de Liesse (service d'interprétariat) a relaté les difficultés que les interprètes de Liesse rencontrent dans leur pratique: comme le budget alloué est limité, il arrive que des enfants rencontrent les interprètes uniquement au moment d'un examen (brevet ou autre). Or certains enfants signants ont une langue des signes très partielle, rendant l'expérience difficile pour les deux: l'interprète peut avoir du mal à comprendre l'élève, et elle n'est pas sure que son message soit compris. Un partenariat formel établi avec le rectorat aurait pu sécuriser ces prestations, à la fois pour les interprètes et pour les élèves, mais le rectorat n'a jamais voulu s'engager.

Enfin, il a été rappelé que le texte sur les PEJS prévoit explicitement la coopération avec les associations locales et nationales représentatives. Il semble donc crucial que nous nous saisissions de cette opportunité pour réclamer aux institutions la mise en place d'un PEJS complet, avec des moyens adaptés. Par ailleurs, au niveau local, il semble que le nouvel inspecteur ayant en charge le PEJS souhaite faire le point sur son fonctionnement et les moyens alloués, avec l’appui des EMS.

La réunion s'est terminée en présentant le projet de lettre ouverte formulant cette demande. Elle sera adressé à tous les interlocuteurs concernés, en énumérant nos revendications, pour le meilleur accompagnement possible pour nos enfants.