Projet PEJS: bilan au 15/11 des rencontres avec les autorités locale du Ministère de l'Education Nationale
L’histoire commence en 2018. Un groupe de parents échange autour de
la circulaire du 03 février 2017 « Mise en œuvre du parcours de
formation du jeune sourd ». Nous apprenons l’existence de cette
circulaire fortuitement et décidons de nous pencher dessus.
Au même moment , nous apprenons que nos voisins du Calvados intentent une
action en justice pour l’ouverture d’un PEJS dès la maternelle. Nous
suivrons l’affaire de près. Nous nous réunissons à
plusieurs reprises et décidons de rédiger un courrier pour exprimer nos
revendications dans l’intérêt de nos enfants.
Nous
présenterons ce courrier, presque finalisé, lors d’une réunion à
destination des familles d’enfants sourds et professionnels du monde de
la surdité souhaitant assister à cette réunion le samedi 09 mars 2019.
Suite à cette réunion, nous peaufinerons la lettre et adresserons le résultat final le 10 avril 2019, à la fois aux autorités locales mais aussi aux nationales (voir ici ce courrier).
Fin avril 2019, M. Maire, conseiller technique de la rectrice nous contacte pour nous dire que notre lettre a retenu toute l’attention de la rectrice et la sienne (M. Roland, recteur, avait été remplacé par Mme Gavini-Chevet le 1er avril).
Première rencontre avec l’éducation nationale : 27 juin 2019
Nous rencontrons pour la première fois M. Maire.
Il nous exprime la volonté de l’éducation nationale de se rapprocher des
textes pour répondre aux besoins des familles, de reconstruire la
confiance avec les parents.
Il nous fait part que l’Inspecteur de
l’Education Nationale ASH s’est rapproché de la directrice du Centre
Beethoven. Dans quel but? Il nous est répondu qu’il ne s’agit pas d’une
délégation. Le centre Beethoven sera utilisé comme ressource et force
de propositions.
Nous évoquons la formation à la Langue des Signes Française des professionnels (AESH, enseignants, …)
M. Maire nous fait part d’un projet de proposition de formation à la LSF
en partenariat avec l’Université de Rouen destiné aux AESH et qui
pourrait être ouvert aux professeurs.
L’objectif étant de tendre vers la qualité: niveau B2, 100h de linguistique et de pédagogie.
Il nous fait part des contraintes des DASEN : les postes d’enseignants sont à moyens constants, chaque DASEN à une dotation.
Deuxième rencontre avec l’éducation nationale : 8 octobre 2019
M.
Maire nous reçoit avec Mme Nedellec, IEN ASH de la Seine-Maritime.
M. Henon, IEN ASH de l’Eure est absent/excusé.
En
premier lieu, il nous est exprimé la volonté du rectorat de faire monter
en compétence l’existant, au niveau du collège et du lycée. La formation à l’université commencera en octobre 2019.
On
nous fait par d’une évolution progressive du CRA Beethoven ( ?) le
projet serait de tendre vers des classes ordinaires avec appui du
SESSAD.
Nous butons sur la définition de l’acronyme PEJS. Pour
nous, parents, il s’agit d’un Pôle d’Enseignement pour les Jeunes
Sourds. Pour l’éducation nationale, il s’agit d’un Parcours d’Éducation
du Jeune Sourd. Cette distinction est très importante car nous
souhaitons un regroupement de nos enfants dans les mêmes écoles en
fonction de leur niveau scolaire. Dans la définition de l’Education
Nationale, la notion de regroupement n’existe pas.
Nous
alertons sur la question des transports, qui est une réelle inquiétude
des parents : distance trop longue, temps de route fatigant.
L’organisation actuelle concernant le dispositif Beethoven est complexe
puisque les enfants vont d’abord au CRA pour être ensuite accompagnés
dans leurs écoles respectives en fonction de leur niveau scolaire (4
écoles différentes sur 3 communes différentes).
Nous
demandons que le Centre François Truffaut de l’IDEFHI soit convié aux
échanges. Nous apprendrons plus tard le projet, qui était déjà en cours,
de fermeture du centre et d’un transfert des enfants et des
professionnels vers le dispositif Beethoven.
Il nous parle du projet de l’école inclusive qui devrait être une « révolution ».
M. Maire nous fait part que le rectorat sera porteur du projet PEJS avec
les moyens existants, les prérogatives ministérielles, les municipalités
…
A cette époque, il nous est dit que les enseignants
doivent décliner leurs compétences aux IEN du 27 et du 76, que les
expertises seraient gardées et que les enseignants « ordinaires »
devront se former.
Troisième rencontre: 3 décembre 2019
Organisée
par l’éducation nationale dans les locaux du dispositif Beethoven.
M. Maire et Mme Nedellec animaient la réunion en présence de
Mme Gouard, directrice du dispositif Beethoven et Mme Obstoy, directrice médicale de Beethoven.
Les parents n'ont été conviés que 3 jours avant. Peu de familles d’enfants sourds étaient présentes.
Cette réunion a eu pour effet de démotiver les familles au vu ce qui a pu
être présenté: un PEJS dans l’expectative, laissant croire aux familles
que l’enseignement dispensé à leurs enfants sourds serait moins
valorisé.
Quatrième rencontre: 23 juillet 2020
L’objet était de faire un point d’étape sur la mise en place du PEJS à partir de la maternelle.
Nos questions étaient:
- Quelles avancées dans le développement du PEJS depuis notre dernière rencontre?
- Des moyens vont-ils être mis en place dès la rentrée de septembre 2020?
- La directrice du centre Beethoven est partie, qui va prendre le relai?
Qui va être l’interface entre l’Éducation National et le centre
Beethoven?
- La zone géographique du PEJS est -elle établie?
- Les effectifs des enfants par classe ont-ils été définis?
Concernant la zone géographique, il nous est répondu que la gestion unique de
l’Académie Normandie n’interviendra pas avant 2022. Il existe encore
deux périmètres.
Concernant la rentrée de septembre 2020, on nous avance le déploiement d’un PEJS en maternelle avec un
enseignement spécialisé, en seine maritime.
Pour l’Eure, on nous fait part du dispositif ULISS Coloré qui accueille de plus en plus
d’enfants sourds. Une enseignante signante devait être affectée à ce
dispositif.
Nous partons ensuite dans une logorrhée de chiffres et de pourcentages pour l’ensemble du territoire normand.
Cinquième rencontre: 14 octobre 2020
Cette rencontre a lieu en présence des Inspecteurs de l'Éducation Nationale,
ASH, et du Président de la Coordination Handicap Normandie.
Notre détermination: faire avancer le projet. Nos enfants ont besoin de
soins adaptés à leur handicap sensoriel mais ont également besoin de
recevoir un enseignement spécialisé optimal qui passe par un parcours
éducatif bilingue français / langue des signes.
Grâce à notre
sondage, nous avons pu mettre en avant les souhaits des parents . Mettre
en avant que l'ouverture d'un PEJS à partir de la maternelle et en
primaire est vivement attendue.
L'éducation nationale semble souhaiter que le projet se concrétise. Nous nous donnons comme objectif l'ouverture d'un PEJS en maternelle à la rentrée 2021.
La prochaine rencontre aura lieu le 16 décembre (compte rendu-publié ici sous peu).
(Pour avoir tous nos billets sur le PEJS, voir ce lien)